«C’est une poutinisation rampante»

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Je vous invite à lire l'interview d'Arnaud Montebourg sur le site de "Libération en date du 23 décembre.

Député (PS) de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg accuse l’exécutif de «faire courir un risque grave à la démocratie».

Le projet de réforme du travail législatif : une rationalisation du travail du Parlement ou sa mise au pas ?

Cette réforme veut instaurer deux limitations graves des droits du Parlement : l’institutionnalisation de la procédure simplifiée qui existe déjà mais peut recevoir le veto d’un président de groupe. Il s’agit de faire sauter ce droit de veto pour enfermer le Parlement dans les desiderata, voire les caprices de l’exécutif. Et la création d’un «crédit temps» qui vise à faire en sorte que les débats parlementaires ne sortent plus de l’hémicycle. Sur certains débats qui prennent le temps de se développer, le Parlement porte la parole de mouvements qui travaillent la société. Sur l’école privée, les nationalisations, le CPE, le grand public s’est emparé de ces débats. La réforme ferait du Parlement une chambre automatique d’enregistrement examinant des lois fondamentales en deux ou trois jours, sans débats, pour ne pas perturber les plans de l’exécutif.

La révision constitutionnelle votée cet été devait accroître les pouvoirs du Parlement. C’est plutôt une bonne nouvelle…

A la suite de cette révision et dans le cadre de la réforme du règlement de l’Assemblée, les groupes parlementaires avaient entrepris de chercher les conditions dans lesquelles le Parlement pouvait accroître ses droits. Depuis septembre, les socialistes participaient à des réunions aux côtés de Bernard Accoyer [président UMP de l’Assemblée, ndlr] pour y travailler. Il y a quinze jours, en apprenant le contenu de ce projet gouvernemental, nous avons décidé de claquer la porte. Ce texte est une opération de l’Elysée pour limiter les pouvoirs d’une opposition qui fait son travail et d’une majorité indocile. Ce sont à la fois les députés de l’opposition et de la majorité qui sont attaqués. Lors de l’examen des lois sur les OGM ou le travail du dimanche, les batailles d’amendements de l’opposition ont révélé les défaillances de la majorité, qui était divisée, et ont permis aux députés UMP en désaccord avec le texte de s’exprimer et de s’affranchir. Un Parlement qui ne parle pas est inutile. Sans débats, ce n’est plus la peine de déranger les électeurs pour désigner leurs députés, l’exécutif n’a plus qu’à les nommer directement avec un quota pour l’opposition !

Ne forcez-vous pas le trait ?

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